21 AVRIL 2017 : VISITE DU MUSEE DE LA FAIENCERIE A DESVRES 

La céramique (Keramos : argile en Grec) remonte au néolithique, 7ème millénaire avant JC : de nombreux fragments archéologiques en témoignent. Ce matériau fragile aux chocs, s’avère pourtant beaucoup plus résistant dans le temps que d’autres comme les métaux qui s’oxydent et disparaissent. La céramique révèle chez l’homme un art de façonner la terre, de la cuire pour en faire des outils de service destinés à la conservation des aliments... ou à la construction comme les tuiles, briques, poteries (de potare : boire).

L’argile, sous l’effet des bactéries et de la main de l’homme, devient une pâte malléable. On la mélange aux sable craie eau et d’autres ingrédients pour en obtenir après tamisage, la barbotine ou encore des galettes. Une « pièce » se dessine à la main, son modelage permet l’élaboration d’un moule matriciel qui en multipliera la réplication. Le moulage se fait par coulage dans une nourrice, par calibrage pour les pièces circulaires, par estampillage, pressage…

Une première cuisson à 1000° élabore le « biscuit » : l’argile a perdu son eau et sa malléabilité, une modification physico-chimique irréversible qui la rend rigide et poreuse. La pièce peut alors être couverte d’une couche d’émail qui en se  vitrifiant, la transforme en faïence.

On applique ces émaux par trempage dans un bain, au pinceau, par pulvérisation… Il s’agit par exemple d’un mélange de sable et d’oxyde d’étain  qui confère aux pièces une blancheur laiteuse ou translucide sous le « grand feu » des 950°. Les oxydes d’autres métaux révèlent après un « petit feu » leurs couleurs : rouge pour le fer, vert pour le cuivre, brun pour le manganèse, bleu pour le cobalt, jaune pour l’antimoine…

On trouve à Desvres de la « terre  argileuse», de l’eau et l’énergie hydraulique nécessaire à la malaxer, aussi du bois pour les fours...

J-François Sta (1726) cherche le secret des émaux, connus en Chine et chez les Hollandais de Delft depuis le XVII s via la Compagnie des Indes. L’ajout de kaolin permet d’imiter leur production : chinoiseries du XVIII de la faïence de St Omer ou de St Amand… Après la technique, l’Art vient illustrer, comme le fait la peinture, des faits historiques, des portraits, des scènes de genre ou des paysages, encore des natures mortes ou des compositions ornementales ou héraldiques… Ces œuvres d’art tirées en nombre viennent décorer les intérieurs qui, même à la campagne, s’embourgeoisent.

Ainsi les objets répondent avec charme à l’utilité, ils se vêtent de décorations aux motifs populaires, porteurs d’un message, d’une époque : plats aux cavaliers des champs de batailles,  assiettes « révolutionnaires »… Ces objets de la vie quotidienne entrent ainsi dans la vie culturelle, créant un art typique de la région.

APH
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