• Samedi, février 04th, 2012

p12700281Excursion au Musée de la « Dentelle de Calais »  .27 01 2012

 

 

 

Un Rendez-vous réussi sur la place de l’église, un covoiturage mis en place en quelques minutes, le voyage vers la cité de la dentelle s’est fait sous un ciel sans nuage. Sous la houlette d’une guide très souriante et disponible à nos questions, nous avons traversé le temps des cols de Versailles aux dessous et dessus des couturiers d’aujourd’hui, l’espace de Calais à l’Egypte, de la de la dentelle à la main aux machines Leavers.p1270033

 Nous avons découvert ou redécouvert la finesse, la minutie, et un savoir-faire de notre région qui a rayonné depuis des siècles sous des formes des plus diverses. Les cartons et dessins nous  ont révélé comment  « de l’esquisse à la réalisation » le travail de la main de l’homme et de la machine se conjuguaient pour accéder à la beauté.

Comment résister après cela aux vertiges d’une lingerie raffinée, ne serait-ce que pour soutenir notre patrimoine ? Même le papier aux allures de dentelle nous a fait rêver ! Un petit chocolat a récompensé les « enfants sages et studieux », l’autoroute ou le chemin des écoliers nous a permis de retrouver Hardelot, la tête bien pleine et les yeux  plein d’entrelacs et de guipure. Nous souhaitons que cette première  « sortie culture »de l’année vous donnera envie de renouveler l’expérience.  

                                                                                Annick Roussel

 

 

 

 

     p1270031Guidés dans le labyrinthe de la ville par le fil … d’Annick Roussel, nous entrons au  Musée de la Dentelle, bien à l’heure.  

Calais ne connaît pas au XVI siècle les dentelles déjà confectionnées à la main, pas plus celles au fuseau des Flandres que celles à l’aiguille sur parchemin d’Italie. Attribut règlementé de la noblesse, la « fraise » des Médicis contribue à l’essor de la dentelle également dans les habits masculins : manchettes, collerettes…Mais la dentelle qui décore essentiellement   les accessoires féminins, tend ensuite à plus de réalisme et de transparence, son essor va péricliter avec la Révolution. Napoléon trouve plus tard en elle un enjeu économique ; la mode féminine à la Cour notamment grâce à l’Impératrice Eugénie, favorise à nouveau l’usage de la dentelle dans l’habillement, châles, gants, éventails, ombrelles, mais aussi dans l’ameublement. Pour produire davantage, le besoin se fait sentir d’en rationaliser la fabrication : par la division des tâches, l’utilisation dp1270035e différents fils, par l’assemblage… comme dans la dentelle à pièces rapportées.

 

Ce n’est qu’au début du XIX siècle, sous le Blocus continental, que sont importés d’Angleterre, en cachette, des métiers à tisser de type Leavers. Calais, de par sa situation géographique profite de cette importation clandestine  et, la petite paroisse de St Pierre-les-Calais en est transformée.  Il fallait une heure pour confectionner un centimètre carré de dentelle à la main,  grâce à la mécanisation la surface est maintenant multipliée par 80 000 : une réponse à la demande croissante émanant du monde entier. Les machines sont aux ordres de « cartons » Jacquard encodés par des perforations, ils transmettent les informations au moyen de tirettes, au  métier et ses roues, cames, bielles, tout cela sous la surveillance des Tullistes, véritables « seigneurs de la dentelle ». La Création et ses Esquisseurs, Dessinateurs, la Préparation, la Fabrication et la Finition comptabilisent trente mille emplois en 1910, réduits à mille cinq cents aujourd’hui.

 

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Une vitrine expose un défilé de mannequins aux courbes  de charme dessinées par de contraignants corsets ou aux traits plus rectilignes de la période « garçonne » libérée ; la mode épouse voluptueusement tous ces contours sous des influences diverses. La seconde guerre sonne le glas de l’âge d’or de la création française. Puis de nouveaux couturiers soulignent les attributs féminins en dégageant épaules et poitrines, également par le galbe des hanches : la mode Newlook. La mode du mini coupe court aux traînes du début du siècle, les codes vestimentaires changent, deviennent plus ludiques et les dessous…  reprennent le dessus.

La dentelle connaît un nouveau souffle par l’utilisation de matériaux inattendus et de procédés innovants. Par le jeu des ombres et lumières, des vides et pleins, elle crée un relief qui reprenant des motifs naturels initialement conçus montre que la nouvelle technique est restée au service de l’art… et de la femme !  

Merci Annick pour cet après midi bien…  étoffé. 

    

                                                                    Hubert Demagny,

                                                                      Vice président